
Ma Très Chère Meryl ,
Mon Très Cher Jonathan,
Maintenant que vous venez de vous unir devant D., devant vos témoins et devant cette assemblée prestigieuse, je peux enfin le dire : je suis très heureux et ce mariage me comble de bonheur.
Je te souhaite, ma belle-fille Meryl, et à toi, mon fils Jonathan, un énorme Mazal Tov.
À vous tous, famille et amis, qui êtes venus des quatre coins du monde partager leur bonheur, notre bonheur, sous le soleil d’Israël, merci du fond du cœur.
Le Midrasch raconte qu’une des occupations principales de D., consiste à déterminer les couples. Ainsi, 40 jours avant la naissance, il y aurait déjà un décret indiquant que telle fille se mariera avec tel garçon. Maintenant que c’est fait, on peut le dévoiler. Vous lui avez fait quelques frayeurs et il a dû s’y reprendre à plusieurs reprises avant d’arriver à vous marier.
Un mariage sous le signe de la création
Cette semaine, nous avons lu la Paracha de Beréchit, où est relatée la création du monde. C’est à ce moment que la femme a été créée et il est question de l’institution du mariage, notamment au chapitre 2, verset 24 :
« Al ken yaazov ich et aviv veet imo vedavak beichto vehayou le bassar ehad. »
« C’est pourquoi l’homme abandonne son père et sa mère, il s’unit à sa femme et ils deviennent une seule chair. »
Meryl et Jonathan, une union d’exception
Meryl et Jonathan, vous avez en commun le goût de l’aventure, de l’insolite et du dépassement de soi. Vous êtes aussi à la recherche d’un bonheur qui n’est pas que matériel. J’espère que vous progresserez ensemble dans le judaïsme et les belles traditions qui sont les nôtres.
Vous êtes l’un comme l’autre des gens exigeants, et vous avez choisi de taper dans le haut de gamme. Je vous félicite, car je pense, en toute objectivité bien sûr, que vous avez fait l’un et l’autre un très bon choix.
Certains hommes prétendent que pour avoir une femme belle, intelligente et sympathique, il suffit d’en avoir trois, chacune possédant une de ces qualités. Toi Jonathan, tu as réussi à trouver ce cocktail dans une seule femme : Meryl.
Sa beauté est éclatante, son intelligence remarquable et, quand on voit le nombre de copines venues de France pour assister à son mariage, on constate combien elle est appréciée.
Ma chère Meryl HABOUBA
Oui je sais, certains pensent que ma langue a fourché et que j’ai dit Habouba au lieu de dire Hababou, or c’est exactement le contraire. Habouba, en hébreu, signifie la poupée, et aujourd’hui, alors que tu es resplendissante et encore plus belle que d’habitude, je trouve que ce nom te va si bien.
Anagramme parfait de ton ancien nom (tu connais ma spécialisation en lettres), il servira de transition entre Meryl HABABOU et Meryl TAIEB. D’autant qu’aujourd’hui, tu es la poupée qui a dit oui… à Jonathan.
Chère Meryl, j’ai aimé la manière avec laquelle tu t’es glissée en douceur dans notre famille sans donner à aucun moment l’impression de te forcer. J’ai aimé les relations que tu as établies naturellement avec les différents membres de notre famille recomposée.
J’ai été ravi par les liens que tu as tissés avec Eden et Chany (tes nouvelles petites nièces de 2 et 4 ans).
J’ai vu ton attachement à tes petits neveux et nièces, Jessica dont j’ai pu apprécier la vivacité et les connaissances encyclopédiques, et ses petits frères, Axel et Jason.
Je me réjouis par avance de toute cette tendresse qui se déversera sur les futurs petits-enfants que tu vas nous donner. J’aime ton naturel et l’enthousiasme dont tu fais preuve dans les grandes mais aussi les petites occasions. J’aime la joie de vivre qui t’anime, tes éclats de rire, comme celui mémorable sur notre balancelle. J’aime ta spontanéité et ta sincérité.
J’aime beaucoup ta façon d’aimer John (comme vous l’appelez) et je note avec bonheur l’effet adoucissant que tu as réussi à produire sur lui. (Non non, n’insistez pas, je ne ferai pas le jeu de mots.)
Le calme qui émane de ta personne, sans doute un mélange de retenue, de timidité, mais aussi de lucidité, conviendra parfaitement à Jonathan. Je gagne aujourd’hui une nouvelle belle-fille de qualité et, pour toutes ces raisons, je me réjouis que ce soit toi, Meryl.
Mon cher Jonathan
(En chanson, avec Serge Reggiani)
« Ce soir, mon petit garçon, mon enfant, mon amour,
Moi ton papa depuis 28 ans. »
Rien que du bonheur pour tous les moments que nous avons passés ensemble. Je suis fier de toi et de ton parcours.
C’était il y a 28 ans, y a un siècle, y a une éternité (Joe Dassin), et en même temps c’est passé si vite…
J’ai assisté à ton arrivée dans ce monde et, depuis, je suis heureux de n’avoir raté aucun événement important de ta vie. Depuis tes biberons et tes couches, jusqu’à tes premiers pas. Depuis ta première médaille de compétition au judo (contre la petite fille, tu te rappelles ?) jusqu’à la remise de béret dans les Golanis, unité d’élite de combattants de l’armée israélienne.
Depuis tes premiers tours de vélo jusqu’à tes descentes sur les pistes de ski. Depuis la consultation de tes résultats du bac (nous avions commencé par le tableau des mentions Très Bien pour découvrir ton nom dans celui des mentions Bien) jusqu’à la remise de ton diplôme d’ingénieur du Technion.
Dans tous nos moments de joie et de peine, y compris mon pire souvenir quand tu étais sur le front lors de la deuxième guerre du Liban après t’être porté volontaire pour rejoindre tes amis combattants. J’ai tremblé (comme des dizaines de milliers de parents israéliens), mais j’étais quand même très fier de toi et de ton choix.
Une dernière recommandation
Pendant toutes ces années, tu as montré que quand tu voulais quelque chose, tu savais mettre en œuvre les moyens nécessaires pour l’obtenir. Ta détermination, ta persévérance, et ton opiniâtreté ont fait de toi ce que tu es aujourd’hui : un homme avec les meilleurs atouts pour réussir ta vie affective, familiale et matérielle.
Je t’encourage à poursuivre les introspections qui t’aideront sur la voie de la réussite.
Jonathan, je souhaite te faire une dernière recommandation, ou même une demande importante (avant la prochaine, bien sûr). Tu as beaucoup fait travailler tes anges gardiens pendant ta courte vie, en prenant parfois des risques inutiles. Jusqu’à présent, ils ont réussi à t’éviter des dégâts qui auraient pu être assez sérieux. En contrepartie, ça leur a occasionné une certaine fatigue. Laisse-les un peu se reposer.
Un dernier mot
Pour terminer, je voudrais vous raconter une expérience récente. J’ai fait dernièrement des études de lettres et j’ai découvert quelque chose de surprenant. J’ai constaté que Meryl et Jonathan n’avaient rien de commun. J’en vois qui sont inquiets, je vais donc m’empresser de les rassurer. Meryl et Jonathan n’ont rien de commun au niveau des lettres qui composent leurs prénoms.
Pourtant, ils ont décidé de se marier ensemble. Probablement que l’harmonie est indirectement proportionnelle au nombre de lettres communes des prénoms. J’en vois déjà dans la salle qui se posent des questions et font des calculs sur leur couple. Satisfait de ma théorie et alors que mon esprit analytique vagabondait, j’ai pensé à moi, le beau-père (Rémy avec un Y) et Meryl, ma belle-fille. Vous voyez le problème ? Non seulement nous avons des lettres en commun, mais l’ensemble de mon prénom est inclus dans le sien.
Je me suis dit qu’il suffisait d’adapter la théorie en se disant que pour des générations différentes, ça devait être le principe contraire qui prévalait. À force de cogiter sur les lettres, je ne m’en sortais plus. Finalement, j’ai regardé les deux prénoms et la solution m’est apparue claire et limpide. Bon sang mais c’est bien sûr ! Jonathan Taïeb et Meryl. Il suffisait de regarder les initiales : JTM (Je t’aime). Je me suis dit qu’avec des initiales comme ça, il ne pouvait y avoir que de l’amour.
En tous les cas, vous formez un très beau couple (ma femme dit, dira, dirait cinq sur vous). Que D.ieu vous protège et vous garde.
Conclusion
Je vous souhaite tout le bonheur que vous pourrez composer avec toutes les lettres de l’alphabet, multiplié par tous les nombres composés avec tous les chiffres.
Je terminerai également en lettres, en vous souhaitant tout : de A comme Amour à Z comme Zeureux.
Pour paraphraser la chanson emblématique de la très fameuse demande qui restera dans les annales, mais aussi et surtout parce que je le pense :
Comme disait mon ami Patrick Bruel :
(En chanson)
« Je l’ai déjà dit, je le redis quand même,
Ensemble et séparément, je vous aime. »
Papa, Papitos, Bopapa,
Rémy